Projet archéologique de l’Université Laval
au fort Saint-Jean 2009-2013


Plan du fort Saint-Jean 1748


Laboratoires d’archéologie
Département d’Histoire
Université Laval

Projet archéologique de l’Université Laval au fort Saint-Jean 2009-2013

Le projet de chantier-école de l’Université Laval répond à deux objectifs précis. D’une part, il s’inscrit dans un programme pédagogique de formation en archéologie et, d’autre part, il répond à des préoccupations scientifiques visant l’augmentation des connaissances sur les systèmes défensifs succesifs du fort Saint-Jean à l’époque coloniale. Ce projet sera développé au cours des cinq prochaines années.

Rappel historique

Le site du fort Saint-Jean, situé sur le site du Collège militaire royal de Saint-Jean, témoigne de l’histoire de plusieurs siècles d’occupation. On y retrouve des vestiges préhistoriques amérindiens et une occupation militaire débutant en 1666 avec la construction d’un fort de bois, le quatrième d’une chaîne de cinq forts érigés le long du Richelieu afin de contrer les attaques iroquoises (les trois premiers, Richelieu, Saint-Louis et Sainte-Thérèse ont été bâtis en 1665). Ce fort est abandonné quelques années plus tard. Un nouveau fort de bois est construit en 1748 ; il sera entouré d’un fossé et accompagné d’un chantier naval en 1757. Au moment de la Conquête, en 1760, les soldats français incendient volontairement le fort Saint- Jean. En 1775, deux redoutes détachées, dont l’une à l’emplacement du fort de 1748, seront élevées. Un nouveau fort bastioné, construit en 1776 et amélioré en 1778, sert alors à protéger un chantier naval. Durant la guerre de 1812-1814, le fort Saint-Jean sert d’arsenal aux troupes britanniques. Puis en 1839, le fort devient, par l’ajout de nouvelles constructions, un important lieu de casernement, destiné à loger les soldats venus pacifier la région après les Rébellions de 1837 et 1838. Les militaires britaniques y resteront en garnison jusqu’en 1870. Le site est par la suite transformé par le gouvernement canadien en un établissement de formation de la milice, puis, en 1952, en « collège militaire de Saint-Jean » pour la formation des officiers de l’armée canadienne.

Les objectifs pédagoqiques

Par ce nouveau « stage de fouille » associé au cours 50920-ARL2001-0G, l’Université Laval offrira, pendant cinq ans, une formation de « terrain archéologique » afin de permettre aux étudiants de premier cycle de se familiariser avec tous les aspects de la fouille archéologique incluant la préparation de la collection, l’identification des artéfacts et la communication des résultats. Ce terrain permettra également de former des candidats inscrits aux études supérieures en archéologie. Plus particulièrement, cette école de fouille permettra aux étudiants :

• D’apprivoiser les méthodes de recherches documentaires et cartographiques et leur application en archéologie.
• De s’initier aux différentes méthodes de fouilles ; fouilles fines, excavations mécaniques, fouilles à aires ouvertes,en tranchées et par sondage, etc.
• D’expérimenter les méthodes de travail archéologiques utilisées à Parcs Canada en ce qui a trait à la numérotation des sites, à la prise de notes, aux relevés sur le terrain, au traitement des artéfacts et à l’inventaire.
• De se familiariser avec le traitement de la collection en laboratoire dont le nettoyage de la collection, l’inventaire et l’identification.
• De développer chez les candidats inscrits aux études supérieures des habilités sur la planification d’une recherche, l’analyse d’une collection et la rédaction d’un rapport de recherche correspondant aux standards de la profession.
• De communiquer les résultats de leur recherche par les contacts avec le public et la rédaction d’un rapport d’intervention.

Les objectifs scientifiques

Au plan de la connaissance, le projet vise une étude des différents systèmes défensifs du fort Saint-Jean. De plus, la démarche de recherche devrait idéalement conduire à une étude de la fortification du 17e siècle (régiment Carignan-Salières) dans la vallée du Richelieu, en tenant également compte des acquis sur les autres sites déjà étudiés. Ces travaux se fondent sur les apports à la connaissance de l'archéologie et de l'histoire et s'articulent sur la stratégie et la tactique de l'époque, les modèles défensifs choisis et construits en fonction des règles militaires et des techniques de construction, les aménagements réalisés au regard de la topographie et des objectifs défensifs, les occupants des lieux, etc.

À l'intérieur de ces objectifs plus globaux, il est à espérer que le chantier-école suscitera l'intérêt d'étudiants à la maîtrise ou au doctorat pour développer les analyses en ce qui concerne une ou plusieurs étapes dans l'évolution des aménagements militaires de Saint-Jean, à l'époque coloniale :

Le fort de 1666
Le fort de 1748
L'aménagement de la banlieue du fort Saint-Jean
Les retranchements de 1759
Les redoutes de 1775
Le siège arméricain de 1775
La fortification de 1776
Les aménagements dans le cadre de la Guerre de 1812-1814
Le secteur de casernement de 1839
L'activité de construction navale et son évolution

Les fouilles archéologiques

De façon générale, rappelons que le programme de recherche devrait permettre de documenter chacun des systèmes défensifs qui ont servi à la défense de la frontière sud à l’époque coloniale. L’emplacement ciblé sur le site du fort Saint‐Jean se situe à proximité du Musée du Fort Saint‐Jean, à l’intérieur des limites du fort de 1776

Plan de fouille 2009 -2013

1- Fort de 1666
• Vérifier l’hypothèse de son emplacement à l’endroit du forage 40G23E9
• Dans le cas de la découverte du fort, documenter ses composantes principales et déterminer ses dimensions.


2- Fort de 1748
À partir des découvertes des années 1981-1982 :
• Documenter les palissades est et sud
• Documenter la banquette du front est
• Documenter l’entrée du fort
• Documenter le fossé et le remblai présumé contre la palissade
• Documenter le bastion S-E et son bâtiment
• Documenter la courtine ouest
• Documenter les aménagements de 1744
• Documenter le chantier naval de 1757


3- Redoutes de 1775
À partir des découvertes de 1981-1982 :
• Documenter le corps de garde de 1770
• Utiliser les interventions de Parcs Canada à la redoute Nord réalisées en 2009
• Documenter le fossé de la redoute sud


4- Fort de 1776
À partir des découvertes de 1981-1982
• Documenter le rempart et le fossé derrière l’actuelle chapelle catholique


5- Complexe militaire de 1812-1814
• Documenter par les données historiques uniquement


6- Aménagements de 1839
• Utiliser les interventions de Parcs Canada à la redoute nord pour documenter les modifications du secteur en 1839
• Dans le secteur d’intervention du bastion sud-est du fort de 1748, documenter l’hôpital de la garnison de 1839 si elle est rencontrée et la boulangerie au centre du champ de parade.


7- Chantiers naval de 1757 et 1776
• Documenter les chantiers naval 1757 et 1776
• Documenter la fosse à goudron (composante du chantier naval 1776)

La fouille de l’été 2009

Pour la campagne de fouille 2009, six lieux d’interventions en « mode exploratoire » sont identifiés, pour un total de 23,75 m2 :

Le sondage A , « Fort de 1666 », d’une grandeur de 1,5 m x 3,00 pour un total de 4,5m2.
Le sondage B, « Chantier naval », d’une grandeur de 2 m x 4 m pour un total de 8 m2.
Le sondage C « Courtine ouest du fort de 1748 » d’une grandeur de 1,5 m x 2 m pour un total de 3,0 m2.
Le sondage D « Corps de garde 1770, coin nord-est » d’une grandeur de 1,5 m x 1,5 m pour un total de 2,25 m2.
Les sondages exploratoires E et F « Aménagements de 1744 et Chantier naval de 1757 » d’une grandeur de 1,5 m x 2 m pour un total 6 m2.


Selon le résultat de la caractérisisation des sols, trois de ces sondages feront l’objet d’une intervention en 2009. Une fois ces trois interventions terminées ou au cours de la mise au jour, nous aurons le choix, selon les résultats obtenus et les conditions d’intervention, d’agrandir nos interventions ou d’ouvrir un autre sondage.

Pour les années suivantes (2010, 2011, 2012 et 2013), nous avons retenu quatre secteurs d’intervention qui répondent aux objectifs poursuivis. Ils seront précisés au regard des découvertes de la campagne de 2009.

 

 

Projet 2009-2013

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des fouilles 2010